La Bourse de Shanghai limite la casse après une grosse chute à l’ouverture

La Bourse de Shanghai limitait ses pertes mardi en séance, après avoir ouvert en chute de 4,09%, au lendemain d’un plongeon spectaculaire qui a conduit le gouvernement à annoncer de nouvelles mesures d’urgence.

Le marché restait très volatil et, à la clôture de la mi-journée, l’indice composite shanghaïen ne cédait plus que 1,0%, perdant 37,08 points, à 3.688,48 points.

Au cours d’une matinée en montagnes russes, il est tombé de plus de 5% et est repassé en positif, frôlant le 1% de hausse.

A la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, l’indice composite perdait en milieu de journée 1,30%, ou 28,16 points, à 2.131,93 points.

Cette situation de crise sur les places chinoises a eu des conséquences externes en Asie, les bourses de Tokyo et de Hong Kong ouvrant toutes les deux mardi en baisse, sous le poids du décrochage spectaculaire des marchés chinois la veille.

Le régulateur chinois a pourtant assuré lundi soir qu’il allait continuer sa politique de rachat d’actions pour tenter d’endiguer la débâcle des marchés boursiers.

Lundi, la Bourse de Shanghai a perdu 345,35 points, à 3.725,56 points, dans un volume d’affaires de 721,3 milliards de yuans (104,7 milliards d’euros).

Il s’est agi de la plus importante dégringolade de cet indice en plus de huit années.

Dans un contexte de défiance accrue des investisseurs, après la publication ces derniers jours d’une salve de mauvais indicateurs concernant la deuxième économie mondiale, le gouvernement semble atteindre les limites de son action pour stabiliser les marchés.

Contrairement à d’autres pays, les places boursières de Chine continentale comptent parmi leurs investisseurs une écrasante majorité de particuliers, au comportement jugé imprévisible.

« Je me suis débarrassé de 90% de mes titres après avoir lu que les marchés allaient (encore) subir une correction », a ainsi confié à l’AFP Ling Lihui, manager d’un bureau d’études, qui a vendu ses actions vendredi.

Les autorités chinoises ont pourtant promis d’injecter davantage de fonds pour soutenir les places financières, mais cette annonce, faite tard lundi et en urgence, est apparue insuffisante, selon les experts.

« L’intervention gouvernementale n’a pas suffi pour enrayer la glissade du marché, elle n’a fait que la retarder », a commenté Castor Pang, chercheur chez Core-Pacific Yamaichi à Hong Kong, cité par Bloomberg News.

Pour enrayer la débâcle des Bourses de Shenzhen et de Shanghai –celle-ci ayant plongé de quelque 30% en trois semaines après la mi-juin– les autorités ont en effet déployé une batterie de mesures destinées à rassurer.

Les régulateurs ont interdit aux actionnaires possédant plus de 5% dans une entreprise cotée de vendre leur participation au cours des six prochains mois. Des opérations de police ont été également lancées contre des ventes à découvert jugées illégales.

Une centaine de grands groupes étatiques chinois se sont par ailleurs vu interdire de vendre les actions de leurs filiales cotées. De son côté, la banque centrale chinoise (PBOC) a assuré qu’elle fournirait des liquidités abondantes pour stabiliser les Bourses, via le financement des « opérations sur marge » (achats d’actions par endettement).

En outre, les 21 principales maisons de courtage chinoises se sont engagées à investir au moins 19 milliards de dollars supplémentaires sur les marchés.

La correction des Bourses chinoises avait elle-même suivi une envolée de 150% de la Bourse de Shanghai en douze mois, en déconnexion flagrante avec l’économie réelle en douloureux ralentissement.

La Bourse de Shanghai était repassée au-dessus du seuil symbolique des 4.000 points mardi dernier. Vendredi, elle a terminé sur une baisse de 1,29%, mettant un terme à six séances consécutives de hausse. Avant de s’effondrer lundi.

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